La cosmogonie Dogon: “Sirius, l’étoile Dogon”

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Les Dogon, de la falaise de Bandiagara à Dakar-Djibouti forment une ethnie étudiée par les ethnologues depuis 1931. C’est Marcel Griaule – ethnologue – qui fut le premier à partir à leur rencontre, mais il décéda en 1956, avant d’avoir pu assister aux cérémonies du Sigui… cérémonies qui se tiennent tous les soixante ans.

Germaine Dieterlen, qui avait rejoint Marcel Griaule dès 1937, assista, de 1987 à 1974, aux cérémonies du sigui.
Pour les Dogon, à l’origine de tout était Dieu : Amma, c’est ainsi qu’ils l’appellent. Avant toute création, le monde avait la forme d’un œuf, et le Dieu Amma reposait à l’intérieur.

Vint le jour où le Dieu Amma cassa l’œuf pour s’en échapper. Puis il créa le « renard pâle », mais celui-ci sorti trop rapidement de son placenta, les yeux encore fermés, en arrachant une partie avec lui . Pour les Dogon, par cet acte, c’est le renard pâle qui fut à l’origine du désordre du monde. Ainsi, le renard pâle est-il assimilé au chaos.
Puis Amma créa dans le ciel « le géni de l’eau », ainsi que les 4 ancêtres de l’homme, et plaça toute sa création dans une grande arche.
L’arche descendit alors dans l’inconnu, où régnaient le froid et l’obscurité, mais cependant guidée par l’étoile de Sigui.
Ainsi, débarqués sur la terre, les hommes assistèrent au premier lever du soleil. C’est lui qui éclaira l’univers.
C’est pour cette raison que, depuis, et tous les 60 ans, les Dogon célèbrent le Sigui.

C’est en fait l’étoile de Sirius que les Dogon appellent Sigui. Et le Soleil serait fait du même placenta que Sirius. Ces deux étoiles lieraient donc quelque chose d’intime aux yeux des Dogon.
Dans la mythologie Dogon, c’est donc au moment où ces deux étoiles se sont levées qu’a eu lieu le premier Sigui.
Les Dogon représentent ces évènements à l’aide de pierres : ils théâtralisent ainsi, à leur manière, la naissance de l’univers.

C’est dans le village de Sangara que l’on peut observer le lever de Sirius et du Soleil, d’après le mythe Dogon.
Ainsi, à l’aide d’appareils photographiques – qui prennent une photo par seconde – on aperçoit très clairement, dans un premier temps Sirius, puis le Soleil, se lever dans l’axe des rochers qui les représentent.
De ce fait, ce site serait, en un sens, comparable à un premier observatoire astronomique, mais qui aurait été construit il y’a plusieurs siècles. Preuve s’il en est, d’une connaissance avancée de l’astronomie chez ce peuple ancestral.
C’est à cet endroit, dans ce village, sur ce site même que les premiers hommes de l’arche seraient revenus pendant 4 jours, afin de s’assurer que le soleil se lèverait à nouveau pour les éclairer.

Par la suite, l’équipe scientifique retourne visiter la fameuse caverne, identique à ce que Marcel Griaule avait visité en 1954. L’astrophysicien Bonnet-Bidaut y fera une étonnante découverte : le milieu de l’ouverture de cette caverne correspond à la direction de Sirius.
Cependant, et selon lui, ce site n’est pas une construction. Les Dogon se seraient en fait réapproprié la disposition naturelle de ces pierres. Mais de petites pierres auraient-elles tout de même été apportées par les Dogon ? Ce site était-il vraiment tel qu’il est, ou a-t-il été retravaillé par la main de l’homme ?

Les Dogon ont aussi voulu représenter le décor de ce qu’ils imaginent comme étant la révélation de la parole aux premiers hommes.
Les premiers hommes y sont représentés par des blocs de pierres. Et c’est à cet endroit que les hommes auraient appris à parler pour la première fois. On note ici que, pour les Dogon, les hommes ont « appris » la parole. C’est un effort intellectuel.
On relèvera aussi, dans la mythologie Dogon, comme dans d’autres, des traces de peuples incestueux et pervers. Ce sont les “enfants du désordre”. Les Dogon les représentent comme des nains à grosse tête. Ces êtres seraient d’ailleurs à l’origine de la première mort.

Pour les Dogon, Sigui, ou Sirius, possède un compagnon. Ce dernier est représenté par une autre pierre, non loin du site. Le compagnon de Sirius accompagne cette étoile dans son cycle. La question se pose évidemment : comment les Dogon ont-ils fait pour savoir que Sirius était bien accompagnée d’une autre étoile, Sirius B, invisible à l’œil nu, et dont nous n’avons eu connaissance il n’y a, de ce fait, que quelques décennies grâce aux meilleurs télescopes ?

Cette étoile a été découverte à la fin du siècle dernier. Elle fait la taille d’une planète et a la masse du soleil. Elle fait partie de celles que l’on appelle : «les naines blanches ».

Comment les Dogon sont ils parvenus à accumuler tant de connaissances, et avec tant d’exactitude ? Auraient-ils tiré ces enseignements d’une autre civilisation ? Si oui, cela expliquerait leurs connaissances approfondies sur l’étoile Sirius, et son « compagnon ». Si non, le mystère resterait entier.

Néanmoins, une chose resterait certaine : la cosmogonie Dogon est troublante de connaissances incroyables, et de ressemblances avec des mythologies pourtant éloignées d’elle.

Source: mystere-tv

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