La Puissance du Nom : Les noms secrets des Batammariba du Togo

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Les mélodies que l’on entend sont douces, mais celles que l’on n’entend pas sont plus douces encore : jouez doux pipeaux …plus séduisants encore, modulez pour l’esprit des chants silencieux (Keats)*1

« Adorons la voix, elle est la partie immortelle de l’âme ». Dans son bel article « La voix et le sacré », où il cite cette injonction du poète Kalidasa dans un hymne à la déesse Parole, Charles Malamoud (1990) insiste sur le pouvoir que l’Inde du Veda reconnaît à l’intonation de la voix humaine, ses inflexions, les nuances multiples, presque inaudibles parfois, que prend la voix du brahmane lorsque, en des occasions bien définies, il profére un mot. Un nom. Le nom secret d’un dieu. Les historiens des religions s’interrogent encore : ces dieux dont il était si risqué de prononcer en public le vrai nom, ne seraient-ils pas également, en certaines sociétés, des défunts, « grands morts » dont les hauts faits auraient si profondément marqué la mémoire des vivants, qu’ils auraient, au cours des générations, acquis le statut de divinités ? Qu’il s’agisse des brahmanes de l’Inde, des prêtres de l’ancienne Egypte, des Indiens du Nord du Canada, des Aborigènes d’Australie, des Inuit du nord Groenland, de l’Afrique animiste… – les exemples sont trop nombreux pour les recenser*2- l’interdit du nom d’un mort ou d’un dieu, les précautions prises à l’égard de celui d’un vivant, sont la règle. « Mysticisme : mystère du son » écrit Inayat Khan.

Dans un mince traité dont chaque mot suscite chez le lecteur une résonance, il met en évidence la puissance évocatrice de la voix humaine*3. Un pouvoir de réminiscence que, pour un Soufi, possède au plus haut degré le ney, flûte de roseau, dont le son, écho d’une voix originelle, réveille la nostalgie de celui qui l’entend. « Bien que l’eau et l’argile de nos corps aient fait tomber sur nous un doute, quelque chose de cette musique nous revient en mémoire » chante au 13ème siècle Djalal al-Dîn Rumi, fondateur du soufisme. Ici, je voudrais souligner un aspect peu aisé à formuler car il est du domaine du son et de l’essence de la personne : la manière spécifique dont est prononcé le nom d’un défunt dans une culture qui, comme celle des Batãmmariba du Togo*4, privilégie le domaine acoustique. La puissance de vie et de mort inhérente à un tel nom, tient principalement au fait qu’il est modulé (crié, murmuré) par une voix humaine, qu’il est capté par une oreille humaine…ou supra-humaine.

Interdit des noms de défunts chez les Batãmmariba du Togo

A mes questions sur leurs généalogies que, en ethnologue formée à la respectable école de l’étude sur la parenté – « ossature d’une société » disent les structuralistes – je posais aux vieux Batãmmariba, ils répondaient par le rire ou l’esquive. Brusquement, ils se souvenaient d’une tâche urgente : aller couper des fibres au pied de la montagne, partir à la recherche de larves de termites pour les poussins. Ou bien, pris d’une soudaine torpeur, ils s’allongeaient sur l’écorce de baobab qui leur tenait lieu de lit. Mes schémas de parenté ressemblaient à de bancales constructions au bas desquelles, en place de noms, s’accrochaient des points d’interrogations ou les noms d’ordre de naissance communément utilisés : M’Poh (Aîné), N’Tcha (Cadet), Kpakou (Benjamin). Ce qui, sur quatre ou cinq générations, pouvait donner ceci : Benjamin, fils de Cadet, petit-fils d’Aîné, frère de Cadet. Quant aux noms des aïeules : motus. Je les ennuyais. Pire, je touchais à une dimension qui, je m’en aperçus bientôt, demandait la plus grande prudence de la part de celui qui tentait de s’en approcher.

Quand je pris le parti de ne plus les importuner en cherchant à connaître les noms de leurs morts, mais d’essayer de comprendre à quoi étaient dus leur subit mutisme à de telles questions et les précautions prises pour prononcer ces noms, quel était le statut de ceux qui en avaient la « force », le lieu où ils devaient être formulés, je commençai à pénétrer dans le monde des Batãmmariba, un monde que je crois n’avoir jamais fini d’explorer. « Nous venons au monde au milieu de la parole (de nos ancêtres et de notre village), nous ne pourrons en connaître ni la tête ni la queue », disent les anciens aux jeunes gens.

Depuis que les premiers Européens ont rencontré ce peuple, ils ont été saisis par l’atmosphère étrange que dégage leur pays. Certes, l’architecture de leurs forteresses de terre, disséminées à travers collines et montagne, est d’un raffinement dont on ne trouve l’équivalent en Afrique de l’Ouest, que chez les Gurunsi du Ghana, les Lobi du Burkina Faso ou les Dogon du Mali. De couleur ocre, pareilles à d’immenses termitières, ces forteresses ou takyiènta semblent faire partie intégrante du paysage, tant abondent forêts et sources sacrées, baobabs centenaires, nérés et karités qu’il est interdit de détériorer, car en eux s’incarne une force souterraine. L’étrangeté du pays tient surtout à une qualité particulière de silence où prédominent les bruits de cette nature protégée : vols d’oiseaux et d’insectes, bruissements des feuilles, chuintement du vent soulevant le chaume des greniers. Ces bruits infimes sont perceptibles car, lorsqu’on parcourt les sentiers, les voix humaines se font peu entendre. Sauf lorsqu’ils s’interpellent pour se saluer de loin, les Batãmmariba parlent d’un ton mesuré. A l’approche des takyiènta, le calme règne dans la cour. Le pays semble parcouru d’une vibration constante et assourdie, que les habitants prennent garde à ne pas troubler, de même qu’à certaines heures du jour et de la nuit, ils veillent à ne pas marcher d’un pas pesant sur les aires du village dévolues aux esprits de la terre.

Je retourne chez les Batãmmariba du Togo depuis 1980. Il m’apparaît aujourd’hui que la tonalité singulière de leur pays tient à l’emprise des noms des morts sur les vivants, des noms-souffles alliés aux forces souterraines. De même que, selon le Zohar le texte tout entier de la Tora déploie à un niveau ésotérique le nom du Dieu d’Israël, que la Tora elle-même peut être considérée comme un organisme vivant dont il s’agit d’atteindre les implications cachées*5, le pays des Batãmmariba est imprégné des noms secrets de ses morts. C’est à la nécessité de protéger leurs noms, doubles de leurs souflles, qu’est due l’architecture compacte des forteresses, dans lesquelles n’est creusée qu’une seule ouverture : l’entrée. C’est à la façon dont sont formulés et transmis ces noms, que sont liés à la fois l’attitude de réserve des Batãmmariba – aussi bien dans leur comportement que dans leur façon de s’exprimer – et le soin qu’ils prennent à préserver arbres, sources, rochers où viennent résider ces noms-souffles.

Le vrai nom d’une personne

En nombre de sociétés, il est d’usage d’attribuer à un enfant le nom du mort dont l’âme, affirme-t-on, s’est réincarnée en lui. Comment parvient-on à l’identifier ? Les méthodes diffèrent. Les Inuit (Malaurie, 1999, I:402, 447, II:401) considèrent que l’âme d’un mort erre dans les limbes tant que son nom n’a pas été donné à un nouveau-né : pendant trois ans, un défunt attend sa réincarnation provisoire (une défunte, cinq ans). « Par la voix des rêves, on recherche un nom ; il peut s’imposer à vous par hasard, au fil de la pensée ou d’un entretien, puis on explore ses pouvoirs en épiant les mouvements du fœtus… La grand mère essaye sur la femme les noms de ces récents défunts. Palpant le ventre, elle les prononce jusqu’à ce que l’enfant remue. On recourt aussi a certains procédés de divination… Seul le nom, esprit d’un mort, rend vivant (c’est à dire humain) le bébé… Dénommer un enfant, c’est faire revenir l’aïeul disparu parmi les vivants »*6 L’âme d’un aïeul revit en l’enfant qui porte son nom : telle était également la conviction des Juifs religieux du Moyen Age, tradition encore largement suivie de nos jours par des Juifs d’origine ashkenaze se référant à la Bible « qui accorde une certaine immortalité aux défunts si leur nom continue d’être porté » constate Maurice Hayoun (1988)*7. Nommer, c’est donner vie, disent aussi les Dogon du Mali:

« Quelqu’un ou quelque chose qui ne serait pas nommé serait comme s’il n’existait pas » (Calame Griaule, 1965:363)*8.

Le nom attribué à l’enfant présage de son avenir. « Recevoir un nom et exister sont les deux faces du même phénomène » écrit Jean Marie Durand à propos de Marduk, dieu babylonien « Chaque nom que reçoit Marduk ne fait que matérialiser et préciser son destin, qu’il programme*9 ». Il y a étroite corrélation entre le « vrai nom » d’une personne et ce qu’il y a en elle de plus profond, que seul peut déceler un voyant, disent les Soufi : «Tout nom révèle au voyant le passé, le présent et l’avenir de ce qu’il recouvre. Le son, les voyelles du nom, le rythme, le nombre et la nature des lettres qui le composent, les nombres mystiques aussi bien que la racine d’où il dérive et l’effet qu’il produit, tout découvre son secret au voyant ».*10

Comme le remarque Maurice Houis (1963 :8) « L’existence de son nom est indépendante de celle de l’homme auquel il est associé et dans lequel il habite, pour ainsi dire, à la manière d’un double ou d’une âme, plus ou moins personnelle, en tout cas distincte.» Dès lors, on peut nuire à l’intégrité d’une personne en énonçant son vrai nom à la légère : c’est pourquoi il est entouré de tant de précautions. Seule la famille le connaît, éventuellement l’utilise. L’enfant est appelé d’un autre nom, phénomène fréquent, aujourd’hui encore, dans la plupart des sociétés africaines*11.

Au stade de l’énonciation est mis en évidence un aspect du langage que Gershom Scholem (1983 : 55) résume en ces termes : « Le son, qui est le fondement de tout langage, la voix qui le façonne et en extrait les voyelles, sont, de ce point de vue, proma facie, plus que ce qui parvient au stade de la compréhension. » Cependant, la relation est étroite entre celui qui entend et celui qui prononce. Simple son accompagné d’une exhalaison de souffle, le nom révèle la nature des différents univers auxquels il appartient selon les modulations ou intonations de la voix qui le scande, le clame ou le murmure : il participe autant de la personne qui prononce que de la personne qui est évoquée.*12

Nom de l’ancêtre formateur chez les Batãmmariba

Contrairement à la plupart des cultures dont il a été question, le « vrai nom » d’un Otammari (singulier de Batãmmariba) ne peut, en aucun cas, être celui de l’ancêtre qui l’a « formé », bien que ce nom, là aussi, reste soigneusement caché aux étrangers. Que par maladresse ou ignorance l’un d’eux, l’ayant appris, interpelle un Otammari par son vrai nom, ce dernier « sursaute sous l’insulte ». Il en reste abasourdi, « comme sonné », car ce nom est associé à son souffle de vivant. Le vrai nom est aussi appelé « nom de souffrance » car il est donné par un ancien de la famille. Le plus souvent, il évoque de manière allusive un épisode douloureux de sa vie. Par exemple : « Il-y-a-trop » (de décès dans ma famille). Le « nom de souffrance » se différencie des « noms de joie » donnés par un proche ou un familier, ou du surnom qui, chez les Batãmmariba comme chez leurs voisins, souligne un trait physique ou de caractère (Scorpion, Douanier, Fourmi, Sans-me-presser) ou encore du nom d’origine chrétienne choisi dans le calendrier des saints par un instituteur, las de ne compter parmi ses élèves que des Aîné, Cadet ou Benjamin. Dans la manière de s’adresser à un jeune enfant, l’extrême prudence est de rigueur : pendant ses premières années, et quel que soit son sexe, il est appelé du nom de l’accoucheuse ayant assisté sa mère (une fille jusqu’à l’âge d’environ quinze ans).

Si elles sont importantes, les précautions entourant le vrai nom d’un Otammari sont sans commune mesure avec celles qui préservent le nom de « son mort » : le défunt qui a désiré sa naissance dans l’au-delà. Bien plus : les syllabes de ce nom ne doivent jamais parvenir à ses oreilles, sinon il s’effondrerait dans un état proche de la catalepsie. Le nom l’atteint au point de convergence ou liba, en lequel coïncident son souffle de vivant et le souffle de son mort. L’audition du nom lui étant fatale, l’interdit vise principalement à le protéger. C’est pourquoi le secret du nom est si prudemment gardé par ceux qui sont parvenus à l’identifier en consultant les devins : fonction dévolue à l’okwoti (ancien) de la famille. Il ne le révèle qu’à des hommes sûrs. De tels hommes – jamais des femmes, « trop bavardes » – choisis selon de stricts critères éthiques, notamment une discrétion à toute épreuve, n’accepteront jamais de le divulguer, fût-ce sous la menace d’un couteau.

A ma connaissance (mais je n’ai peut-être pas tout lu sur la question), l’obligation absolue pour un Otammari d’ignorer le nom de son ancêtre formateur, le danger mortel lié à sa seule audition, ne se rencontrent dans aucune autre société. L’interdit est fort semblable à celui auquel étaient soumis les vrais noms des dieux des Egyptiens, gardés secrets par les prêtres, conscients de leur pouvoir magique. De façon plus évidente encore, l’interdit évoque la défense pour un Juif de formuler à haute voix le nom imprononçable de Dieu, désigné dans les textes sacrés par quatre consonnes sans voyelles. « Celui qui blasphème (c’est à dire prononce) le nom YHVH sera puni de mort » lit-on dans le Lévitique (XXIV-16)*13

Dire le nom du mort

Dans les syllabes du nom d’un mort se tapit pour les Batãmmariba une force d’agression qui est aussi créatrice de vie. Dès le premier rite de deuil auquel j’ai assisté – un rite célébré uniquement pour un ancien – j’ai pris conscience de la force explosive qu’il contenait. Car le rite a pour vocation d’accroître cette force et de la faire surgir, puis de la capter*14. Il serait trop long ici de détailler la manière dont elle est inoculée au souffle d’un défunt récemment enterré au cimetière*15. Disons simplement qu’à la maison de deuil, devant laquelle le clan s’est rassemblé au lever de la lune, ceux qui ont droit au titre de valeureux guerriers ou Vrais Hommes, confèrent au souffle – qui a investi une petite branche de baobab, simulacre du mort – une implacable force de combat, identique à la leur. Chacun de leurs gestes, à peine visibles dans la nuit, évoque pour les assistants (à condition qu’ils sachent les décoder) la détermination devant l’ennemi, la bravoure. Ces gestes retracent aussi l’étape décisive pendant laquelle, lors de l’initiation des jeunes garçons, la conscience du défunt a connu une métamorphose si radicale, qu’elle l’a rendu apte à s’ouvrir à une nouvelle dimension*16.

Le moment culminant du rite sur lequel je voudrais insister, désigné par les Batãmmariba eux-mêmes comme le « vrai moment», concerne l’appel au mort. Quand les Vrais Hommes ont terminé leur « travail », un grand silence se fait…suivi d’assourdissants battements de tambours. En haut du fronton, les joueurs de trompes font entendre le brame de leurs instruments. Pourquoi une explosion sonore qui semble faire trembler la maison dans ses fondations ? C’est qu’elle a été induite par le mort, comme s’il avait contraint les tambourineurs à frapper compulsivement les peaux de bœufs, les musiciens à se contorsionner pour faire sortir, avec peine, les sons de leurs trompes. Quelqu’un – qui ? On ne sait, son anonymat est préservé – a pris le risque d’affronter le mort en l’appelant par son nom. Il a dit ce nom à travers un orifice creusé dans la terrasse.. A cet appel – qui l’atteint avec la brutalité d’une injure – l’ombre du mort, associée à son souffle, « se redresse ».

La manière dont on l’a appelé a amplifié, à une échelle prodigieuse, la colère qu’il ressentait de son vivant quand on l’interpellait à l’improviste par son vrai nom Emplie de la force de combat inoculée par les Vrais Hommes, elle sursaute, se jette sur l’Appeleur, qui s’enfuit. L’appel qui, de son vivant, provoquait son indignation, a réveillé chez le mort une force de vengeance décuplée. Une énergie dévastatrice pour les vivants, mais indispensable à leur survie. C’est pourquoi, sitôt l’appel lancé, l’orifice est rebouché : le nom, lié au souffle revivifié du mort, restera à l’intérieur de la maison. Plus tard, il résidera dans un autel. Désormais, le souffle lié au nom acquiert la force de former un enfant. Non seulement le fait d’entendre proférer son nom par une voix humaine a éveillé dans le mort une énergie vitale incommensurable avec celle d’un vivant, mais lui a donné la force de donner la vie.

De quel nom s’agit-il ?

Les réponses varient. D’aucuns assurent qu’il s’agit du vrai nom du mort, désigné aussi sous le terme de « nom de tombe », car c’est ce nom que recevra au cimetière sa nouvelle demeure, double de sa takyiènta, dans laquelle seront par la suite enterrés les jeunes défunts de sa famille. Pour d’autres, il serait simplement appelé par son nom d’ordre : M’Poh (Aîné) ou N’Tcha (Cadet). En fait, c’est dans la manière dont il est formulé que le nom prend toute sa signification, sinon un sens nouveau. De même que le jeune homme, après l’initiation, ne sera intérieurement plus le même, capable d’accéder intellectuellement à un niveau de compréhension qui le rendra supérieur aux non-initiés, le mort, après qu’il a été appelé avec une certaine intonation à ce moment de la nuit, accède à une dimension qui fait de lui, à l’instar des autres morts, « l’aîné des vivants » : un mort capable de communiquer avec les puissances de vie que sont les forces souterraines, et de participer à leurs pouvoirs, notamment de provoquer la foudre.

L’ouïe du mort capte une parole tacite

Dans la tradition indienne, remarque Charles Malamoud (1990 :78-79), « le terme Veda est souvent désigné par le terme sruti (dont) le sens exact est « audition ». Le Veda est avant tout une parole qu’il faut entendre et faire entendre. Le silence lui-même est chargé de tout le symbolisme de la parole inexprimée, inexplicite et illimitée*17» Ainsi pourrait-on dire de la manière dont est prononcé le nom d’un mort chez les Batãmmariba. L’efficacité suprême de ce nom tient, comme dans le Veda, « à la retenue ou rétention de la voix, stratégie dans l’économie complexe de l’énergie vocale». Dans l’un et l’autre cas, est fondamentale la « juste prononciation », en particulier lorsqu’elle est presque inaudible ou muette. Par exemple en Inde, dans la dévotion du crépuscule : « tous les jours, dans la solitude, le brahmane novice, assis et silencieux, une bûche à la main, murmure tour à tour, jusqu’à l’apparition des étoiles, les formules dé bénédiction » (Oldenberg, 1903 :369).

Pendant le rite de deuil des Batãmmariba, le nom du mort n’est pas crié, ni murmuré. Au travers de l’orifice de la terrasse, il est dit « dans un fin chuintement » par l’Appeleur, « de la même façon que, lorsqu’on rapproche les lèvres, on émet un faible sifflement » me dit un Otammari. Un sifflement inaudible. Le nom est dit mentalement, ou dans une articulation muette. Cependant, l’appel atteint l’oreille du mort avec la précision d’une flèche. Cet appel insonore éveille son ouïe supra humaine, l’ouïe propre aux morts et aux forces de l’invisible, apte à saisir des sonorités tacites. A cet instant s’opère la transmutation de la matière sonore du nom du mort, lequel, désormais, appartient à un autre univers : il prend une dimension cosmique. Lors du premier appel, la réaction est d’une violence inouïe. Par la suite, il suffira de s’adresser au mort de cette manière, il suffira lors d’un sacrifice de « dire son nom dans son ventre » devant son autel construit dans la pièce du bas – une pièce en permanence plongée dans l’ombre – pour que son souffle se réveille et soit présent à la cérémonie.

Si le nom de son mort proféré devant une personne la fait « tomber » – comme si le mort lui-même succombait à cet acte d’agression – le fait pour un Releveur de dire ce même nom à son oreille de manière inaudible, la ranime. Son mort, en elle, entend dire son nom, et se « relève ». De même que pour les kabbalistes, le nom imprononçable de YHVH est compris comme une « condensation d’énergie » (Scholem, 1983 : 71), le nom d’un mort, pour les Batãmmariba, concentre en lui une puissance tout à la fois vitale et destructrice. Crié à l’improviste, il tue. Soufflé de manière inaudible, il ranime. Le nom est devenu parole en mouvement, un mouvement capté dans la parole.

Ouïe des voyants et ouïe des morts

Georges Dumézil (1982 :71) précise comment les Grecs de l’Iliade se représentaient le voyant-devin, doué « non pas tant (de) voyance que (de) perception merveilleuse des paroles inaudibles des dieux ». Les peuples qui sont d’un tel raffinement dans la manière de prononcer le nom d’un mort ou d’une divinité, accordant à l’un et à l’autre une ouïe propre à leur faire percevoir ce qui reste inaudible à un être humain ordinaire, reconnaissent qu’une ouïe de cet ordre ne peut appartenir qu’à des individus supérieurs : chamanes des peuples du Grand Nord, amérindiens ou asiatiques, ou clairvoyants en Afrique ou Orient. Grâce à une acuité sensorielle exacerbée, ils perçoivent ce qui reste hors de portée des « gens ordinaires » : forces incarnées en certains arbres, animaux, sources, rochers.

Les voyants Batãmmariba voient et entendent « du fond de leur foie » ces êtres invisibles tandis que les chamans voyagent pendant leur sommeil à travers les mondes intersidéraux. L’ouïe supra humaine dont ils sont dotés est pareille à celle que les anciens Grecs attribuaient à Apollon et aux devins. Cependant, il nous faut reconnaître qu’en certaines sociétés, une ouïe d’une exceptionnelle finesse est partagée par tous. Jean Malaurie – qui poursuit des recherches très avancées sur la géographie sacrée des peuples dits « premiers »*18 – a vécu intimement parmi les Inuit dans les années 1950.

Dans l’un de ses séminaires en 2000 sur « La Véeité en ethnologie », il a donné cette information : les anciens de Savoonga (île de Saint Laurent) lui ont rapporté que, lors d’une chasse à la baleine dans la mer et sur le détroit de Behring, des guetteurs sont envoyés sur la côte au mois d’avril. Ils posent leur pagaie à plat sur la glace de la banquise, s’y allongent, et, collant l’oreille au bois de la pagaie, sont capables de perçevoir à distance la direction prise au sud par les baleines dans leur progression du printemps vers le nord. Ils peuvent également préciser si elles sont solitaires ou en groupe. Quiconque a vécu parmi un groupe d’Indiens d’Amazonie ou du nord du Canada a pu faire des observations similaires*19.

Il semble qu’il y aurait différence d’intensité – et non de qualité – entre l’ouïe de peuples restés à l’écoute de la nature, et celle du chaman ou voyant – ou l’ouïe attribuée à un défunt. Serait-elle acquise ou héritée génétiquement ? Selon le professeur Marc Tadié (2000), éminent neuro chirurgien, ces personnages considérés comme hors du commun, auraient conservé un système neuronal leur permettant de capter les ondes et vibrations qui parcourent l’univers, autrefois perçues par nos ancêtres de la préhistoire. Au cours de son involution, l’homme « civilisé » serait peu à peu devenu insensible à ces ondes*20. Quoiqu’il en soit, chez les sociétés qui privilégient le domaine acoustique, le fait de se mettre à l’écoute d’un maître ou de présences invisibles – défunt, divinité – reste l’attitude la plus valorisée, condition primordiale d’accès au savoir et de respect envers autrui. « Si l’écoute est bonne, la parole est bonne » dit le sage égyptien Ptahhotep et dans la Bible, remarque Jan Assmann, bien des textes se lisent comme des fugues sur le thème du chema – écoute – (la voix de Dieu) »*21

Le « gardien des noms »

Selon le roi égyptien Thamus, mis en scène par Platon dans Phèdre, les prêtres préservaient les noms secrets des dieux, en raison de la menace qu’impliquait leur utilisation inconsidérée. De même, les maître du savoir chez les Batãmmariba, ne révèlent qu’à une petite élite les noms des ancêtres formateurs qu’ils sont parvenus à identifier, après de longues recherches généalogiques confirmées par les devins. Ces noms, qui ne peuvent être prononcés qu’avec la « juste intonation », selon la posture adéquate et en des occasions bien définies, ne doivent, en aucun cas, être oubliés. Comment, sinon, identifier les morts qui ont « désiré » les vivants ? Un enfant, dont l’ancien de la famille a négligé d’entreprendre, des recherches, ou qui a commis une erreur quant à son nom, court le risque de mourir prématurément. Si un vivant doit sa vie au mort qui a désiré sa naissance, le désir d’un mort à recommencer une nouvelle vie dépend de la mémoire des vivants.

* – Article paru en 2004 aux éditions Bayard dans l’ouvrage collectif « La Mort etl’Immortalité » sous la direction de Frédéric Lenoir et Jean Philippe de Tonnac.

1 « Heard melodies are sweet, but those unheard Are sweeter, therefore, ye soft pipes, play on ; Not to the sensual heard, but, more endear’d Pipe to the spirit ditties of no tone… » Les mélodies que l’on entend sont douces, mais celles que l’on n’entend pas Sont plus douces encore : jouez doux pipeaux, jouez toujours, non à l’oreille sensuelle, mais plus séduisants encore, Modulez pour l’esprit des chants silencieux Keats, Ode à l’urne gecque, trad. Edmond de Clermont-Tonnerre, cité par G. Bachelard (1943 :280)

2Dès 1905, Marcel Mauss soulignait que « se rattachent à la question du nom les problèmes les plus importants de la mythologie, du culte des morts, du droit de propriété. (Année sociologique, 1905, t X, p. 295).

Dans un ouvrage de référence très documenté, V. Larock (1932) donne une somme imposante d’exemples pris dans les sociétés les plus diverses. Depuis, les recherches se sont multipliées notamment avec G. Calame-Griaule (1965). Elles mettent en évidence un phénomène quasi universel chez les peuples dits traditionnels : le rôle fondamental que joue le vrai nom d’une personne, non seulement dans la vie sociale, mais aussi et surtout dans la vie rituelle, bien que ce dernier aspect n’ait pas toujours retenu l’attention qu’il mérite.

3 Inayat Khan Le mysticisme du son p. 42 : «Le son, les voyelles du nom, le rythme le nombre et la nature des lettres qui le composent, les nombres mystiques aussi bien que la racine d’où il dérive et l’effet qu’il produit, tout découvre son secret au voyant ».

4 Les Batãmmariba, nommés Tamberma au Togo et Somba au Bénin, peuplent les monts et la vallée de l’Atakora, de part et d’autre de la frontière. Léo Frobénius, ethnologue allemand, fut le premier en 1909 à s’intéresser aux Tamberma du Togo. Albert Maurice (1989), militaire en poste en 1949-50 à Natitingou. a publié un ouvrage remarquable sur les Batãmmariba du Bénin. Nous devons à l’ethno historien Paul Mercier (1968) une prodigieuse enquête retraçant l’organisation sociale de ce peuple et l’histoire de ses migrations avant son installation dans l’Atakora, probablement entre le 16ème et le 18ème siècle. Depuis 1980, des sociologues, économistes et historiens originaires de cette population et de nationalité béninoise, sont les auteurs de travaux de haut niveau : entre autres, Rigobert Kpakou, Théophile Natta, Koumba Koussey, N’Tcha (op. cités). Mes livres, Le Souffle du mort, 2003, La Nuit 3 des grands morts, 2002 (op. cités) sont l’aboutissement de plusieurs années de recherche sur leur vie cérémonielle et philosophie.

5 Gershom Scholem (1980 :58) : « La Tora est nom, mais ce nom est construit comme un organisme vivant : idée fondamentale du Zohar ». Le Zohar ou « Livre de la Splendeur » est un traité ésotérique écrit vers 1300, auquel se rattache la Kabbale, mouvement mystique juif. Il a exercé une influence aussi importante que le Talmud.

6 J. Malaurie (1999, I :402 ) : « Dans l’Arctique canadien (Igloolik, Spence, Joa Haven, Chesterfield), l’Eglise romaine, dans le but de gérer sa loi, s’oppose à cette croyance au pouvoir des ancêtres; elle s’inculture avec les prénoms leur baptême ne sont donnés que des prénom de saints ou de saintes qui coexistent avec l’ancien nom qui deviendra patronyme. A la seconde génération…le Dieu chrétien se réapproprie le pouvoir (de donner la vie) des ancêtres. La logique de réincarnation des Inuit est annihilée ».

7 Maurice Hayoun (1988) « Ces idées seront reprises et developpées dans un sens encore plus mystique par les maîtres de la tradition ésotérique juive, Isaac Louria et Joseph Caro qui vivaient tous deux à Safed au XVIè siècle. Pour le premier l’âme d’un père qui décédait peu avant la naissance de son fils entrait automatiquement dans le corps de celui-ci; pour sa part Caro pensait qu’en recevant le nom de quelqu’un l’enfant obtenait aussi quelques étincelles ou parcelles de son âme. »

8 Nous renvoyons à la très riche étude sur les noms des Dogon de Geneviève Calame-Griaule (1965) dans le chapitre intitulé « La parole vécue »

9 Jean Marie Durand « Noms de Marduk – Mésopotamie cunéiforme ». Dictionnaire critique de l’ésotérisme Jean Servier 1988, Paris, PUF, p. 932. Marduk était une divinité agraire placée au sommet du panthéon des dieux babyloniens par Hammurabi, où il supplanta Enlil, « seigneur de l’air », qui déclencha le déluge. Il rayonna jusqu’en Assyrie.

10 Inayat Khan, op. cit. p. 42

11 Suzanne Lallemand (op. cit.) souligne l’interrogation permanente des membres d’une famille sur l’origine du nouveau-né. Il reçoit un surnom traduisant toute l’affection et le respect dont on l’entoure: « grand père », « grand mère ».

12 R. Lenoir Revue de synthèse historique, décembre 1927, p. 20

13 Gustav Eichtal, « Sur le nom et le caractère du Dieu d’Israêl », Revue de l’Histoire des Religions, T1, 1880, pp. 357-373. « Selon Munk, traducteur français du Guide des Egarés de Maïmonide, par blasphémer, il faut entendre prononcer ».

14 Le « traitement du nom » et de la force qui lui est inhérente, ne concerne que le rite de deuil célébré pour un père.

15 Je renvoie à mon livre : Le souffle du mort (2003)

16 L’initiation masculine est décrite dans ma thèse : La Lance et le Serpent (Sewane, 1999)

17 Voir à ce propos Louis Renou, 1978 « la valeur du silence dans le culte védique » in L’Inde fondamentale, Paris, Hermann

18 Séminaire de Jean Malaurie sur la géographie sacrée à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris

19 Voir à ce propos l’Allée des Baleines de Jean Malaurie (2003)

20 Marc Tadié est professeur de neuro chirurgie à l’université Paris XI et Directeur du Laboratoire de Neuro Chirurgie Expérimentale de la Faculté de médecine Paris Sud dont le thème de re cherche principal est la plasticité neuronale. Il est intervenu en 2001 au séminaire sur la géographie sacrée que Jean Malaurie dirige à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales. « Les pouvoirs des primitifs ne sont pas surnaturels, ils sont simplement très naturels, super naturels, inhérents à leur mode de vie en prise directe avec la Nature, avec les ondes que chaque élément constitutif de cette Nature émet » (2002 :45)

21 Jan Assmann, 1989, Maät, l’Egypte pharaonique et l’idée de justice sociale, Paris, Julliard, p. 43

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Par Dominique Sewane

Source: Courrierdesafriques

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