La Reine Ashanti Yaa Asantewaa: A l’âge de 60 ans, elle organisa la résistance contre l’intrus anglais

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Pendant plus de 2 siècles, les occidentaux ont procédé à un lavage systématique des cervaux en se convainquant et en convainquant certains africains de ce que les africains n’auraient aucun respect pour les femmes. Les africains auraient toujours opprimé les femmes. Elles (les femmes africaines) doivent donc êtres sauvées de l’exploitation et de la servitude. Pour cette raison, ils créent et financent des ONG dont les objectifs sont pourtant ailleurs.

La vérité est que certains alliénés d’africains qui ont bu le lait des réligions importées agissent exactement comme ces réligions le leur prescrit. Ils dénient à la femme tout égard croyant fermement que celle-ci fut crée à partir d’une côte de l’homme¹. Que ce soit dans le christianisme ou dans l’islam, vous touverez toujours des passages où il est fait mention, de manière explicite ou implicite, de l’inférioritéde la femme à l’homme. Dans les cosmogonies africaines, l’homme et la femme sont deux énérgies (l’un électrique: l’homme. L’autre magnétique: la femme) qui se complètent.

Par contagion octricissante, même les peuples qui ont réussi à se préserver contre ces réligions importées ont, par le fait des effets secondaires néfastes de la colonisation, commencé à adopter les mêmes habitudes phallocratiques vis-à-vis des femmes. Pourtant la très riche histoire de l’Afrique fait témoignage de milliers de reines, de femmes et bien d’autres égéries qui se sont faites valoir grâce à leur personnalité, mais surtout par leurs actes. Elles sont différentes les unes des autres, mais elles sont toutes portées par un désir commun : celui de contribuer à un avenir meilleur pour leur peuple. Pour ce faire, elles ont défendu avec succès l’honneur de leurs peuples.

Nous avons décidé de faire connaître certaines d’entre elles afin que nous nous réapproprions nos véritables habitudes dénuées de toute honte. La honte de se voir diriger par une femme étant le résultat de l’alliénation. Car chez nous, la femme protège, éduque puis guide les pas de l’homme. Sa force de caractère prédit donc en grande partie notre destinée.

La très riche histoire d l’Afrique a été marquée par les épopées de plusieurs de ces femmes, de ces reines puissantes et d’influence qui ont transformé le cours de l’histoire des africains et constituent une source de fierté et d’espoir pour le peuple noir.

Le savoir, le reconnaître et rendre à la femme sa place importante, c’est tout simplement respecter l’ordre des choses établies. Alors seulement on renaît ou on (re)commence à vivre.

Nous commençons notre série par la présentation de Nana Yaa Asantewaa, la “Reine Mère d’Edweso (Ejisu)”.

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Yaa Asantewa est née entre 1840 et 1860. Elle meurt en exil le 17 octobre 1921 aux Seychelles où elle fut déportée après l’échec de la guerre contre l’intrus anglais en 1900. Nana Yaa Asantewaa avait reçu le titre de “Reine Mère d’Ejisu” par les services des aînés du lignage qui firent de son frère Nana Akwasi Afrane Okpese, le “Ejisuhene“, c’est à dire le Chef d’Ejisu, de la Confédération Asante ou Ashanti.

Pour la bonne compréhension du rôle important joué par NanaYaa Asantewaa dans la lutte anticoloniale, il est important d’expliquer le contexte traditionnel qui entoure la fonction de “Reine Mère” dans les sociétés Akan en général et le peuple Ashanti en particulier.

La fonction de Reine Mère (Ohemmea) dans la société Ashanti et Akan

Partout en Afrique, et particulièrement dans le système matrilinéaire, la mère du chef est un personnage important. D’abord, parce qu’elle est mère, ensuite parce que de son ventre est issu le pouvoir. De fait, il faut comprendre que le système matrilinéaire fait de la mère l’incarnation vivante du pouvoir ou du moins sa transmission. En pays akan (ou Ashanti) chaque village ou groupe de villages a sa famille régnante. Le conseils des sages (appelé aussi le conseil des aînés du lignage) choisit parmi ses membres le chef et la Mère du chef ou Reine Mère.

Il faut préciser toutefois que la Mère du chef ou la Reine Mère n’est pas forcément la mère biologique du chef. La Reine Mère appartient à la génération précédente. La Reine Mère est le plus souvent une tante, une grande sœur ou une grande cousine maternelle. C’est une femme d’expérience qui connaît la généalogie du clan. C’est donc une erreur d’affirmer, comme cela est de coutume dans une certaine littérature, que l’épouse (qui du reste est très souvent de la même classe d’âge que le chef) ou la mère est nécessairement et forcément la Reine Mère. Contrairement à ce que certains auteurs ont sountenu, l’Ohemmea n’est pas la prêtresse d’un culte voué à la lune.

En pays Akan ou Ashanti, la Reine Mère possède, comme l’Asantehene, le souverain des Ashanti, un siège d’or, sa propre cour et est assistée de dignitaires appartenant à d’autres clans. Son rôle majeur est de conseiller le chef. Comme on le voit, être Mère du chef est en pays Akan ou Ashanti plus une fonction qu’un état. La Reine Mère n’est pas simplement un chef de sexe féminin. Son statut correspond à celui d’un homme, dont elle porte les habits lors d’une apparition en public. Elle a sa propre cour et est la seule femme à pouvoir donner des ordres. En cas de querelle, sa parole est d’un grand poids et pour les décisions difficiles on fait appel à elle en dernière instance.

La Reine Mère (Ohemmea) dans la société Ashanti et Akan

La Reine Mère (Ohemmea) dans la société Ashanti et Akan

Son importance politique tient surtout à ses connaissances généalogiques précises, dont elle dispose en tant que représentante du lignage royal. Pour cette raison, elle a le dernier mot dans l’élection d’un nouveau souverain qui peut seulement accéder au pouvoir après avoir été déclaré légitime. Elle a aussi le droit absolu de donner des conseils au roi en titre et de le censurer. Après la mort ou l’abdication du souverain, elle continue d’occuper sa charge et participe, de façon décisive à l’élection d’un successeur.

Il faut cependant préciser que Nana Yaa Asantewaa n’était pas la Reine Mère de l’Asantehene (le chef) des Ashanti. Elle était la mère de Nana Afrane Kuma, chef de la province d’Edweso qui succéda à son défunt oncle Nana Akwasi Afrane Okpese. Nana Afrane Kuma était non seulement un des chefs qui étaient restés fidèles au roi Agyeman Prempeh Ier , il était aussi son parent. Ils étaient tous les deux en exil aux Seychelles.

En l’absence de la Reine mère de l’Asantehene des Ashanti, ce fut Nana Yaa Asantewaa, devenue la reine de la confédération, qui prit l’initiative de la résistance et organisa la révolte contre l’occupant. Malgré la défaite, l’héroïsme de cette femme, mérite d’être conté.

Nana Yaa Asantewaa organisa la résistance contre l’intrus anglais

Nana Yaa Asantewaa dirigea son armée dans des batailles continuelles contre les Britaniques jusqu’à ce qu’elle fut capturée puis envoyée en exil aux Seychelles où elle mourut le 17 octobre 1921.

Pendant la pénétration coloniale, Kumasi, la capitale des Ashanti a beaucoup souffert. Elle fut brûlée, pillée par les Anglais en 1874, alors qu’elle connaissait une ère de prospérité. Cette défaite brisa le moral des Ashanti, qui se croyaient jusque-là invincibles comme ils l’avaientt montré maintes fois auparavant.

Vingt-deux ans plus tard, en Javier 1896, alors que l’Asantehene Agyeman Prempeh Ier proposait un pacte d’amitié aux Anglais, Griffiths le gouverneur de l’époque envoya une nouvelle expédition anglaise attaquer à nouveau la capitale Kumasi pour cette fois s’y installer. Les troupes anglaises étaient dirigées par le major Robert-Baden Powell, l’inventeur du scoutisme. Griffiths justifia cette attaque en ces termes: «Nous ne pouvons pas accepter que les Ashanti demeurent indépendants alors qu’ils contôlent nos routes commerciales».

Le palais fut de nouveau pillé; le mauselée de Bantama détruit. Le roi Agyeman Prempeh Ier, qui avait pourtant refusé d’exposer ses sujets au feu des canons anglais, fut déporté sans management avec toute sa famille et avec de nombreux chefs, d’abord en Sierra Leone, puis aux Seychelles. Les Ashanti considérèrent la capture et l’exil de leur roi comme une trahison. Et ils ne se laissèrent pas facilement soumettre.

En 1900, le nouveau gouverneur, sir Frederick Hodgson, déclencha à nouveau la révolte en déclarant que le roi déposé ne recouvrerait jamais de son vivant son royaume qui était désormais sous la tutelle de la reine d’Angleterre, et qu’il fallait que les Ashanti payent en argent une compensation pour les pertes subies par les Anglais pendant les deux précédentes expéditions.

Pour humilier advantage les Ashanti, le gouverneur Frederick Hodgson exigea qu’on lui livre le Tabouret d’Or sur-le-champ afin qu’il puisse y asseaoir.

A la chamber des communes, le secrétaire d’Etat aux colonies, J. Chamberlain expliqua cette revendication injurieuse en ces termes:

«Compte tenu de l’importance de l’objet dans l’imaginaire des tribus, et en référence à leur coutume, la possession du tabouret confère la suprématie…. Par conséquent, il est de la plus haute importance de se saisir de ce symbole de la souveraineté.»

La réaction à l’arrogance du gouverneur se ne fit pas attendre. Sous les ordres de Yaa Asantewaa, la “Reine Mère d’Ejisu, les Ashanti prirent les armes et firent le siège du fort de Kumasi où l’imprudent Anglais s’était réfugié. A l’âge de 60 ans Yaa Asantewaa combattit à la tête de ses troupes. Son histoire fait la fierté de tous les Ashanti en particulier et de tous les africains en général.

Pour l’amazone, la guerre s’imposait et elle le signifia en des termes assez Claires à ses sujets:

«Animguase Mfata Okanim ba: un fils d’Akan ne peut survivre à la honte. Comment un fier et brave peuple comme celui des Ashanti peut-il rester assis et voir les hommes blancs prendre leur royaume et ses chefs, et humilier son peuple en lui réclamant le tabouret en or? Le tabouret royal n’est que de l’argent pour les hommes blancs; ils le chercent et creusent partout. Je ne paierai pas un predwan (la monaie locale) au gouverneur. Montu ma danta mma me na monye me tam: Si vous, les chefs des Ashanti vous vous comportez comme des lâches, vous pourrez échanger vos pagnes contre mes sous-vêtements».

Ses supporters les plus enflammés étaient les femmes qui firent la grève du lit conjugal quand leurs époux montraient peu d’ardeur à prendre les armes.

Pour dramatiser la situation devant le parterre des chefs trop ramollis et montrer sa détermination, à répondre à l’outrage, Yaa Asantewaa saisit un fusil et tira dans leur direction. Le défi fut relevé et ce soir là, ragaillardis, ils saluèrent les dieux et firent serment de combattre pour se débarasser de l’intrus.

A la tête d’armée de vingt-deux mille hommes Yaa Asantewaa combattit les troupes anglaises pendant plusieurs mois. Une colonne expéditionnaire anglaise fut envoyée en renfort et imposa l’ordre à Kumasi par la violence, pour la troisième fois en vingt-six ans.

La légende rapporte que Yaa Asantewaa se rendit pour empêcher que sa fille et ses petits-enfants furent fait prisonniers. Tout comme le roi Agyeman Prempeh Ier, elle fut exilée au Seychelles où elle mourut en 1921.

Les Anglais ne prirent jamais le tabouret en or.

Convaincus d’avoir fait main basse ur le Tabouret en Or, les Anglais l’envoyèrent à Londres, au British Museum. Mais les Ashanti avaient substitué une copie à l’original qu’ils avaient par précaution enterré dans une cave rocheuse à Bare.

Quand vingt-six ans plus tard, le roi Agyeman Prempeh Ier revint de sa déportation aux Seychelles où les coloniaux l’avaient envoyé pour calmer ses troupes, le vrai Tabouret en Or réapparut comme par enchantement. Personne ne s’avisa plus de le réclamer au risqué de provoquer un nouveau soulèvement. Et depuis, il est gardé en lieu sûr, sur une peau de léopard, symbole de force, dans le palais royal de Kumasi.

 

Yaa Asantewaa and the Golden Stool.Prt 1

 

Yaa Asantewaa and the Golden Stool.Prt 2

Par culture-kamite.com

Sources:

1- Ghana: Les chemins de la démocratie

 De Pierre Cappelaere

Editions L’Harmattan

2-  http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=POLAF_095_0019

3- http://www.rezoivoire.net/cotedivoire/patrimoine/110/la-reine-mere-chez-les-akan-et-ashanti.html#.VCb6Au8cSUk

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¹ Dans la Genèse, il est dit que “l’Eternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. L’Eternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme.” C’est ainsi que la Bible décrit la création d’Eve, à partir d’une côte d’Adam.

Une parole (hadîth) du Prophète (sur lui soit la paix) :

Par ailleurs, il existe un hadîth du Prophète, relaté par Abû Hurayra, qui se lit ainsi :
“عن أبي حازم، عن أبي هريرة رضي الله عنه، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: استوصوا بالنساء، فإن المرأة خلقت من ضلع، وإن أعوج شيء في الضلع أعلاه، فإن ذهبت تقيمه كسرته، وإن تركته لم يزل أعوج، فاستوصوا بالنساء”
“Recevez (de moi) le conseil de bien agir envers les femmes. Car la femme a été créée d’une côte ; et la partie la plus recourbée de la côte est sa partie haute. Si tu te mets à la redresser, tu la brises. Et si tu la laisses, elle ne cesse d’être recourbée. Alors recevez le conseil de bien agir envers les femmes” (rapporté par al-Bukhârî, n° 3153, 4890, et Muslim, n° 1468/60).

Selon certains ulémas, ce hadîth parle de la première femme, et signifie bien que Eve a été créée de la côte de Adam. Al-Bukhârî semble être de cet avis, car dans son livre Al-Jâmi’ us-sahîh, chapitre Al-anbiyâ’, il a cité ce hadîth sous le n° 3153 à côté d’autres hadîths, le tout sous le point titré : “De la création de Adam et de sa descendance (…) et de la parole (de Dieu Elevé : “Et lorsque ton Seigneur dit aux Anges : je vais susciter sur la Terre un khalîfa”” (Kitâb ul-anbiyâ’, bâbu khalqi Adama wa dhurriyyatihî (…) wa qawli-llâhi Ta’âlâ (…)).

 

 

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