Madame Efunroye Tinubu, femme d’affaires et politicienne nigériane du XIXè siècle

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Après trois cent ans d’une intensive traite négrière, quelques nations européennes sous l’impulsion de mouvements abolitionnistes religieux et humanitariste, décident en ce début du 19e siècle de mettre fin à leurs exportations d’Africains. Les considérations économiques ne sont toutefois pas absentes de ce retournement de situation. Devenu moins attractif pour des pays en pleine révolution industrielle comme l’Angleterre, le commerce négrier, qui aux 17 e et 18 e siècles constituait une affaire d’Etat pour l’Europe, pouvait désormais être mis hors la loi. Les esclaves ne représentaient plus le même intérêt en tant que simples producteurs manuels et l’Afrique pouvait rapporter davantage en livrant ses matières premières et en devenant consommatrice de biens manufacturés. D’où la priorité donnée à l’expansion de ce qu’on appellera les trois C : commerce, christianisme et civilisation, qui devaient permettre d’arrimer ce continent à la périphérie d’un marché mondial.

Le Danemark fut la première nation à abolir officiellement sa participation au commerce des esclaves en 1802, suivi en 1807 de l’Angleterre qui estima, de surcroît, que la législation anti-esclavagiste devait s’appliquer à toute l’Europe. Elle allait cependant se heurter à la résistance d’un front du refus mené par la France, le Portugal, l’Espagne et les Etats-Unis, encore impliqués dans l’économie de plantation de leurs colonies. Les pressions britanniques ne faiblissant pas, la France se résigna finalement à signer la convention en 1818, fermant hypocritement les yeux sur les activités douteuses de ses compagnies commerciales. Il est vrai que la diplomatie britannique avait mis au point une force de dissuasion efficace : une escadre de navires chargée d’arraisonner les bateaux pris en flagrant délit de traite, pour libérer les Noirs trouvés à bord et faire condamner les négriers. Cette vigoureuse réaction contraignit d’autres Etats européens à s’associer mollement, à partir de 1841, à une flotte internationale de surveillance patrouillant au large de l’Afrique occidentale, l’océan Indien, l’Amérique et des Antilles. Mais dès qu’un de ces croiseurs était repéré, certains capitaines n’hésitaient pas à jeter leur « cargaison » par-dessus bord – hommes, femmes et enfants par centaines – pour éviter la prise de leur navire.

Toutefois, la prohibition de la traite n’entraîna pas pour autant la suppression de l’esclavage. Jusqu’à l’abolition brésilienne en 1888, le besoin des économies sucrières et caféières en main d’œuvre servile provoqua une recrudescence du trafic, sous forme clandestine cette fois, pour répondre à l’extraordinaire demande européenne de produits tropicaux – thé, café, sucre, cacao – désormais diffusés vers les classes moyennes et populaires après avoir été longtemps réservés aux plus fortunés. Ainsi, le Brésil, qui avec Cuba fut un des plus gros bénéficiaires de la traite clandestine, devait tripler ses exportations de café vers l’Europe, après avoir connu un décuplement de sa production entre 1817 et 1835. A elles seules, ses plantations allaient absorber près de 60% des Noirs déportés entre 1811 et 1870 de ce côté de l’Atlantique!

En Afrique, l’interruption progressive de la traite fut diversement ressentie. Tandis que les populations décimées jusque dans l’arrière pays par des chasseurs d’esclaves tentaient de reconstituer des collectivités morcelées loin de leur terre d’origine, pour les chefferies côtières pourvoyeuses de marchandise humaine, c’était le déclin annoncé. Car, sous prétexte de surveiller les contrevenants au commerce illicite, les puissances européennes ancrées sur les côtes africaines se mobilisaient déjà, à travers une concurrence acharnée, pour contrôler les prodigieuses matières premières du continent noir.

L’histoire de Madame Tinubu illustre l’émergence d’une Africaine dans ce contexte de profonds bouleversements. Comme les fillettes de son âge, cette jeune Yoruba de l’ethnie egba accompagnait sa mère, vendeuse de bouillie de maïs, sur les marchés et au bord des routes, hélant infatigablement les passants pour écouler leur bouillie. Après l’adolescence, elle alla tenter sa chance à Badagry, cité côtière à l’ouest de Lagos, représentant un des derniers bastions de la traite clandestine vers le Brésil et Cuba. Avec ses maigres économies, Tinubu acheta des feuilles de tabac et du sel et se mit à déambuler dans la ville, son panier sur la tête, avant de s’installer sur le port où s’effectuera le meilleur de ses ventes. Là, elle observa les discrètes négociations qui se menaient du côté des entrepôts sur la fourniture d’esclaves car, pour échapper aux patrouilleurs britanniques, les navires du commerce triangulaire y effectuaient des rotations très rapides.

Cette fille était trop dynamique pour se contenter de subsister de son maigre commerce. Elle se fidélisa une clientèle de gros marchands parmi les métis afro-brésiliens intermédiaires de négriers européens et s’enhardit un jour à leur proposer de faire le relais avec des guerriers spécialisés dans la traque de marchandise humaine. Son aplomb fut payant : l’offre intéressa les revendeurs. La jeune fille approcha des chefs ravitailleurs de son ethnie, dont elle s’assura l’exclusivité grâce à son bagout, en leur faisant miroiter des bénéfices conséquents et plus réguliers. De ce nouveau rôle d’intermédiaire allait découler la fortune. La grande instabilité politique ambiante ponctuée de conflits meurtriers entre royaumes Yoruba permettait d’importantes prises monnayables à souhait.

Payant ses fournisseurs rubis sur ongle avec les avances consenties par les grossistes brésiliens, Tinubu se constitua un réseau d’approvisionnement attractif, grâce aux tarifs qu’elle pratiquait, légèrement inférieurs à ceux du marché. Mais si la traite clandestine avait offert un tremplin à la jeune fille pauvre qu’elle était, elle se savait trop clairvoyante pour persister dans une voie répréhensible. A l’image de la plupart des anciens négriers européens, elle se reconvertit rapidement dans un négoce plus honorable : celui de l’huile de palme dont la demande était en plein essor.

La répression de la traite avait en effet obligé les économies africaines anciennement liées au commerce triangulaire à s’adapter aux nouveaux besoins de la révolution industrielle. Aux produits d’échange traditionnels (or, peaux, ivoire, bois précieux), s’ajoutaient maintenant des produits agricoles (huile de palme, arachide, coton) fournis par le travail des paysans. Face à la demande en corps gras suscitée par l’amélioration du niveau de vie en occident, les oléagineux africains, remplaçant les esclaves dans les cales des navires marchands, intégrèrent l’économie internationale comme lubrifiants de machines et matières premières pour la fabrication de savons, bougies d’éclairage, margarine, etc.

L’implantation anglaise dans ce qui allait devenir une de leurs plus florissantes colonies africaines attira dans les villes côtières de nombreuses compagnies de commerce européennes. Alors que la France privilégiait le recours aux expéditions militaires pour s’arroger des territoires, la Grande Bretagne avait choisi de soutenir l’installation commerciale. Les exportations d’huile de palme du Sud-est nigérian baptisé rivières à huile passèrent de 2000 tonnes annuelles vers 1840 à plus de 25.000 tonnes à partir de 1855. De plus, alors que la vente d’esclaves était le privilège des rois et notables, la commercialisation des produits agricoles favorisera la promotion de nouvelles catégories sociales. Petits producteurs, courtiers et divers intermédiaires africains y trouveront un tremplin, de même que les femmes, très actives dans la transformation de l’huile de palme.

En 1846, le destin allait offrir à Tinubu l’occasion de se constituer de solides appuis. Le roi de Lagos, chassé de son trône par un de ses neveux, venait de trouver refuge à Badagry. Comme la défunte mère du roi était de la même ethnie que feu le père de Tinubu, même s’ils ne se connaissaient pas, elle rendit visite au souverain déchu et lui proposa de mettre sa fortune à sa disposition pour tenter de récupérer son trône. Akintoye accueillit ce témoignage de compassion avec reconnaissance, et cinq ans plus tard, ayant recomposé ses forces et retrouvé le soutien des autorités britanniques, il chassa l’usurpateur.

De retour dans sa capitale, il fit venir Tinubu qui y transféra ses établissements commerciaux avant de s’imposer, par ses conseils avisés, comme un personnage clé du palais. Un tremplin qu’elle allait utiliser pour insuffler une extraordinaire expansion à ses affaires et devenir la principale intermédiaire du commerce euro-africain sur les zones de Lagos et Abeokuta.

Même les Européens, pourtant peu suspects de considération envers les autochtones, lui donnaient respectueusement du Madame Tinubu. Son quasi-monopole d’import-export basé sur la vente d’huile de palme à destination de l’Europe et l’importation de biens manufacturés pour le marché local, lui conféra une puissance inégalée chez une femme. En moins de deux ans, elle se retrouva au cœur d’un réseau de distribution à plusieurs ramifications où elle était en relation avec des traitants blancs de maisons de commerce occidentales, des associations de paysans producteurs, des transformatrices d’huile, des commerçants locaux et des petites marchandes ambulantes d’Abeokuta, sa ville natale, chargées de l’écoulement de tissus et autres produits modernes importés de Grande-Bretagne.

Cette fulgurante percée d’une femme, qui plus est, étrangère à leur région, ne manqua pas d’irriter quelques notables qui tentèrent de mettre le roi en garde contre l’activisme de Tinubu et ses interventions intempestives dans les affaires publiques. Mais c’était peine perdue. Akintoye avait une totale confiance en son éminence grise. Mieux, après sa mort en 1853, l’emprise de Tinubu ne fera que croître sur le prince héritier Dosumu qui, conscient de son faible caractère, trouva plus sage de se reposer sur celle qu’il considérait comme sa tante. L’agitation suscitée par ce personnage controversé était suivie avec vigilance par les officiels anglais de la place, qui ne perdaient rien des luttes d’influence opposant les factions locales. Cela faisait un moment qu’ils cherchaient à neutraliser cette femme trop puissante dont le nationalisme affiché suffisait à la rendre suspecte. Sans sa présence aux côtés du jeune roi, entouré de courtisans plus préoccupés de sa succession que de loyauté à son égard, celui-ci se serait sans doute révélé plus docile à l’influence de ses «partenaires» étrangers.

Le Consul britannique de Lagos, Sir Benjamin Campbell, détestait tout particulièrement l’ambitieuse Tinubu. La chasse aux bateaux négriers et la libération de leurs cargaisons humaines avaient favorisé le retour de milliers d’anciens esclaves vers les aires d’accueil aménagées par des mouvements philanthropiques anglo-américains, en Sierra Leone pour les libérés des anciennes colonies britanniques et au Liberia pour ceux issus des Etats-Unis. Quant aux migrants de Cuba et du Brésil, ils choisirent de se réimplanter sur la terre de leurs ancêtres, plus généralement du côté de Lagos et en pays yoruba. Dans leur pays de déportation, ces « revenants » avaient appris, au contact de leurs anciens maîtres, les métiers d’architecte, professeur, charpentier, mécanicien, tailleur, imprimeur, commerçant, planteur.

Mettant à profit les savoirs et techniques acquis en captivité, ils commencèrent à exercer de nouvelles activités d’où découla une élite dynamique, cultivée et prospère. Attentives à cette évolution, les autorités britanniques encouragèrent fortement le mouvement migratoire qui devait faire de ces gens entreprenants et au mode de vie anglicisé, des interlocuteurs privilégiés sur lesquels ils comptaient s’appuyer pour contrebalancer le poids des roitelets locaux. C’est peu de dire que l’arrivée massive de ces migrants était difficilement tolérée par les autochtones qui voyaient d’un mauvais œil l’implantation chez eux, de rescapés d’un commerce dont ils avaient tiré profit.

La cession de terres aux colons noirs de la diaspora provoqua des insurrections. Les autochtones marquèrent leur mécontentement par de tapageuses manifestations, inquiets de voir que les nouveaux arrivants non seulement dominaient le terrain économique en s’intégrant aux nouveaux circuits du commerce légitime, mais cherchaient à se positionner sur la scène politique. Face à ce climat explosif, les Anglais estimèrent qu’on ne pouvait laisser coexister des rescapés de l’esclavage et des personnalités locales ayant trempé dans le trafic négrier. C’est l’argument que défendra le consul Campbell pour se débarrasser de Tinubu. Fustigeant son ancien rôle d’intermédiaire d’esclavagistes, il demanda à Dosumu de la faire bannir de Lagos, arguant qu’elle ne pouvait décemment continuer à occuper ce rang à la cour.

Battant le rappel de ses partisans, Tinubu organisa aussitôt la mobilisation de la communauté egba au nom des relations d’alliance entre leur ethnie et celle du roi. Mieux, la bouillante femme d’affaires décida de montrer à l’Anglais de quel bois elle se chauffait. Pendant qu’il était en vacances dans son Angleterre natale en cette année 1855, elle inspira un mouvement «spontané» de mécontentement contre les immigrants sierra léonais et brésiliens de la ville désignés à la vindicte populaire. Des jours durant, les slogans vengeurs d’une foule en furie firent grief aux immigrés de favoriser leurs intérêts au détriment du pays et de pervertir la culture traditionnelle par des transgressions inadmissibles. Promoteurs d’éducation et de christianisme, les nouveaux venus professaient en effet des idéaux d’égalité et de liberté stigmatisant l’esclavage, au grand dam de cette société animiste et hiérarchisée.

La cabale donna des résultats inespérés. A son retour précipité de congé, le consul trouva la ville dans une telle effervescence qu’il exigea aussitôt du roi l’arrestation des meneurs du complot anti-étrangers, parmi lesquels se trouvait le mari de Tinubu ! Aussitôt informée, celle-ci courut cracher son indignation au palais. Repoussant les gardes et les conseillers qui tentaient de la raisonner, elle réprimanda publiquement le roi pour avoir osé faire arrêter son époux dont elle exigea la libération immédiate. Faute de quoi, menaça-t-elle, elle lui retirerait son soutien pour se mettre au service du fameux Kosoko, qui dans le passé avait ravi la place de l’ancien roi et n’avait toujours pas renoncé à ses prétentions sur le trône. Dosumu obtempéra docilement car il craignait de se mettre à dos sa terrible tante dont la puissance financière lui garantissait les alliances nécessaires à son maintien au pouvoir. Le représentant de la couronne britannique de son côté ne l’entendit pas cette oreille. Il usa d’un argument de choc pour faire entendre raison au roi : l’utilisation d’une canonnière contre le palais. L’ordre d’expulsion fut donné en mai 1856.

Cette décision provoqua un véritable tollé chez les compatriotes de Tinubu, mais aussi parmi certains commerçants qui multiplièrent les interventions pour faire annuler la sentence contre leur puissante tutrice dont la chute risquait de désorganiser une des plus importantes filières de commercialisation du pays. Malgré les groupes de pression et les lobbies d’hommes d’affaires européens qui cherchèrent à amadouer le résident anglais au nom des intérêts commerciaux de la Grande Bretagne, Campbell fit conduire Tinubu sous bonne escorte jusqu’à sa ville d’Abeokuta où elle fut assignée à résidence. Mais loin de sombrer, la combative négociante monta aussitôt un commerce d’armes de guerre. Ce qui, dans une région où les démonstrations de force constituaient le passe temps favori de roitelets belliqueux, lui permit de reconstituer rapidement sa fortune. Dans son magasin, on s’arrachait les derniers fusils importés d’Angleterre : Snider, Winchester, Spencer, Peabody ! Son génie commercial et son sens des contacts lui permirent en un rien de temps de remettre sur pied un actif réseau de vente dont le roi Ghézo du Dahomey, pourtant ennemi juré du peuple Egba, fut un des clients les plus assidus. Un gros acheteur dont elle entretenait la fidélité, en dehors bien sûr des périodes de conflits entre leurs pays respectifs, par de clinquants cadeaux dont des miroirs à dorures, censés apporter à sa demeure le cachet des palais européens.

Sitôt formée l’équipe d’employés affectée à ses affaires, Madame Tinubu revint à sa véritable passion : la politique. Dans la résidence cossue où elle tenait salon, se pressait toute l’élite « lagossienne » d’Abeokuta, mécontente de l’immixtion croissante des Anglais dans leur pays. De leurs débats passionnés était en train d’émerger un ferment de contestation au régime de Lagos accusé de faiblesse envers les étrangers. Lagos qui en août 1861 était annexé par les Anglais, après que Dosumu eut été contraint d’accepter un traité.

Tinubu n’hésitait pas à payer de sa personne lorsque le devoir l’exigeait. C’est ainsi qu’elle acquit une extraordinaire notoriété de résistante lors des attaques des rois Dahoméens Ghézo et Glélé, en 1851 et 1864, contre l’opulente cité marchande d’Abeokuta aux cent mille habitants. Tinubu mit en place des cordons de femmes volontaires chargées du ravitaillement des troupes. N’écoutant que leur courage, elles allaient et venaient sur le champ de bataille au péril de leur vie, les unes chargées de calebasses d’eau, les autres de poudre à fusil, un troisième groupe, de nourriture. Car chacune savait que parmi ces guerriers, se trouvaient un père, un frère, un mari, un fils. Tinubu elle-même circulait à travers les lignes egbas, esquivant miraculeusement les balles qui sifflaient autour d’elle et, telle une mère protectrice, mettait dans la bouche de chaque homme à portée de sa main, une boule de pâte de maïs qu’elle pétrissait rapidement entre ses doigts pour en rendre l’ingestion plus moelleuse.

Treize ans plus tard, lors du second assaut mené cette fois par Glélé, elle transforma sa concession en un véritable arsenal d’où partirent toutes sortes d’armes et de munitions vers les troupes affectées à la défense de la ville. Elle avait offert aux généraux de l’armée plusieurs canons Krupp achetés à des trafiquants hollandais et constitué un corps d’élite chargé de tenir les accès de la ville fortifiée. Elle-même alla se poster près du front des opérations où, aidée d’autres femmes, elle installa un poste de soins pour les blessés. L’endroit lui servait aussi de point d’observation pour surveiller les éventuels déserteurs, exhortés d’un ton sans réplique à retourner protéger leur cité. Honteux de se trouver pris en défaut par cette vigilante «tantie », ces peu téméraires soldats comprenaient bien vite qu’ils avaient intérêt à retrouver du courage pour regagner leur poste ! Et c’est ainsi qu’à deux reprises la puissante armée dahoméenne perdit sa réputation d’invincibilité face aux remparts d’Abeokuta.

Tinubu sortit de cette guerre auréolée de gloire. En reconnaissance à son patriotisme, les autorités d’Abeokuta l’élevèrent au rang « d’Iyalodé », un statut qui lui donnait le droit de prendre part aux affaires publiques. Première femme à devenir membre du Conseil des chefs, elle reprit son rôle favori d’éminence grise, ainsi qu’elle l’avait déjà fait à l’ombre du trône de Lagos. Elle mourut dix ans plus tard, en 1887, au faîte de sa gloire et eut droit à des funérailles nationales. Comme elle n’avait pas eu d’enfant, de nombreux jeunes gens se disputèrent l’honneur de porter son linceul à travers Abeokuta endeuillée.

Extrait du portrait dressé par Sylvia Serbin dans son ouvrage « Reines d’Afrique et héroïnes de la diaspora noire » (Editions Sépia)

Lu sur grioo.com

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