USA: Pour avoir refusé de tuer un noir-américain, Stephen Mader, un policier américain est licencié

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Voici une nouvelle affaire rocambolesque qui risque de faire énormément de bruit aux Etats-Unis, alors que les tensions raciales restent toujours vivaces dans les esprits. Et pour cause, elle concerne le licenciement d’un policier blanc qui a refusé de tuer un américain noir.

En effet, selon le Post-Gazette, le journal local de Pittsburgh, et le Washington Post, un policier blanc américain s’est fait licencié parce qu’il a refusé de tirer sur un noir américain, alors que ce dernier était considéré comme “une menace à éliminer”. Les faits se sont déroulés le 6 mai dernier dans la ville de Weirton. Ce jour là, l’officier de police Stephen Mader se rend dans une maison pour s’occuper d’un cas de violence domestique. Mais dès l’instant où il arrive sur place, il fait face à un homme noir armé.

Ronald Williams, le forcené en arme, ne pointe pas l’arme directement sur lui, mais demande au policier de lui tirer dessus, ce qu’il refuse de faire pour éviter un «suicide by cop». Son expérience d’ancien Marine, lui a permis d’établir que Ronald William ne représentait pas un danger imminent.

«L’entraînement qu’il a eu en tant que Marine pour décider s’il s’agit d’un terroriste en regardant “la personne en entier” et l’entraînement qu’il a reçu à l’académie de police l’ont poussé à ne pas tirer», écrit le Post-Gazette. C’est donc pour cette raison que Stephen Mader a entamé un dialogue avec Ronald Williams. C’est alors qu’arrivèrent deux autres officiers sur les lieux de l’incident. L’un tira sans hésiter sur Williams quand il vit celui-ci s’avancer vers eux. On s’apercevra plus tard que l’arme de l’homme, décédé rapidement après le coup de feu, n’était pas chargée. Évidemment, les policiers ne pouvaient pas le savoir, mais très vite, un débat va éclater sur la nécessité ou non de tirer sur un homme armé quand on est policier. Après un mois d’enquête et de polémique, les forces de l’ordre expliqueront que le tir était justifié.

Stephen Mader, lui, a été licencié pour avoir «échoué à éliminer une menace», mais surtout pour insubordination envers sa hiérarchie. «Vous avez mis deux officiers en danger», lui ont déclaré ses supérieurs, ce à quoi Mader a répondu: «Je ne l’ai pas tué juste parce qu’il m’a dit “Tue-moi”». Selon lui, ce genre de décision «ne donne pas une bonne opinion des policiers auprès du public».

Cette affaire, où l’officier blanc, Stephen Mader, est licencié parce qu’il a refusé de tuer un homme noir, a déjà provoqué des manifestations de colère de la part de proches de l’homme abattu. Elle soulève également des questions sur les circonstances qui entourent le licenciement de policiers pour des fautes graves avérées, à l’encontre de personnes noires ou non. Le New York Times par exemple a récemment enquêté sur ces policiers qui sont tout simplement réengagés dans d’autres villes après des fautes parfois très graves. Le journal cite le cas de Sean Sullivan, un officier de l’Oregon licencié pour avoir embrassé une petite fille de 10 ans et réembauché quelques mois plus tard dans un autre commissariat. L’officier qui a tué le jeune Tamir Rice en 2014 à Cleveland avait été, par le passé, dans le collimateur de son ancien chef qui voulait le licencier pour son comportement inadapté. Ce qui n’a jamais été suivi des faits jusqu’à son arrivée à Cleveland.

Curture-kamite.com (Avec Slate.fr)

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